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La Villette

Ce qui est aujourd’hui l’avenue Jean-Jaurès était à l’époque la rue d’Allemagne. Les cabarets s’y succédaient tout du long, interrompus par les abattoirs. On chante et on danse dans ces cabarets, et les demoiselles y ont la vertu peu farouche. Parfois, une limonadière apostrophe bruyamment la clientèle, comme la célèbre mère Radig, qui n’hésite pas à insulter les buveurs timorés.

On peut noter que les cabarets dansants et les bals se déroulent à Paris en automne et en hiver, en banlieue pendant le printemps et l’été, la fermeture des uns étant le signal de l’ouverture des autres.

Paris, en 1850

Le Paris du Second Empire ressemble fort au Paris des siècles précédents : des monuments prestigieux et des hôtels particuliers dans les beaux quartiers, mais aussi beaucoup de rues biscornues, de maisons plus ou moins délabrées, de taudis, et par-ci par-là des jardins, de vastes terrains vagues. De fait, Paris a peu changé depuis l’époque médiévale et l’insalubrité est de mise. Pas question d’eau courante, un éclairage public encore timide. L’hygiène publique laisse beaucoup à désirer.

Si certaines rues sont pavées, beaucoup de venelles ne sont encore qu’en terre battue et le crottin des chevaux parsème toutes les voies. Haussmann, mandaté par l’empereur en 1853, mettra bon ordre dans ce misérable et pittoresque fouillis en rasant sans pitié des quartiers historiques, il fait percer de larges avenues, édifier des immeubles de prestige, encourage la plantation d’alignements d’arbres, la création de parcs et d’espaces verts. Réorganisation des Halles, édification de gares, de théâtres, de l’Opéra, création ou modernisation des réseaux d’égouts. Bref, c’est sous le règne de Napoléon III que Paris change d’allure, suscitant d’ailleurs une énorme spéculation immobilière.

Les petites gens des faubourgs, dont la population augmente sans cesse, sont repoussées vers les banlieues.

C’est par méfiance pour les classes populaires, entre autres, que les travaux haussmanniens ont eu lieu : les petites rues pavées étaient parfaites pour les barricades et le déclenchement de mouvements populaires. Dans l’esprit d’Haussmann, le percement de larges avenues va empêcher barricades et émeutes.

Plusieurs communes limitrophes seront intégrées à Paris en 1860 (Auteuil, Passy, Montmartre, Ménilmontant et, pour le sujet qui nous occupe, La Villette et Belleville), suscitant la colère des Parisiens. En effet, ces communes, situées hors de l’octroi (frontière douanière de Paris) ne payaient pas de taxes, en particulier sur les vins et alcools. Elles s’étaient donc fait une spécialité de cabarets et lieux de plaisir. L’intégration de ces communes à Paris sonne le glas de leur âge d’or. Désormais, le vin ne sera pas moins cher à La Villette ou à Montmartre qu’à Paris... Néanmoins, ces quartiers aujourd’hui intégrés gardent tout de même un certain folklore cabaretier, si l’on peut dire.

 
 

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