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La belle qui porte malheur

San Francisco, mai 1851

Dans le saloon bruyant et enfumé bourré de chercheurs d’or, l’homme aux cheveux gris haussa la voix :
– J’ai quelque chose d’important à te demander...
Le jeune marin ouvrit bien grand ses oreilles.
– Es-tu capable de retrouver quelque chose à Paris ? demanda Garancher, fébrile, en lui mettant une main sur le bras. Et quelqu’un ?
– Ce que vous voulez, dit Martial Belleroche avec assurance. Et qui vous voulez.
– Alors je compte sur toi. Mais surtout, surtout... il faudra te méfier, fit Garancher d’une voix grave et lugubre sans s’expliquer davantage.
Il leva alors son verre et les deux hommes trinquèrent.

Paris, avril 1852

Fifi -Bout-d’Ficelle sourit au public et s’inclina. Tous les spectateurs sentirent leur coeur fondre. Tous sauf un.
Le piano et le violon jouèrent un prélude d’une grande intensité dramatique. Fifi salua gracieusement en tenant sa robe à deux mains. Quelques applaudissements éclatèrent encore, vite rembarrés par des « chuuut » impatients.
Et Fifi chanta la complainte de la fille qui portait malheur…

Le marin perdu dans la brume

Mai 1853, La Villette.
- Tu es triste ?
- Ça fait juste un an aujourd’hui, répondit Rose-Aimée d’une voix désespérée. Une année si longue, un cauchemar d’attente et de déception. La soirée aux Trois anges était finie, elle aurait dû rentrer au couvent...
- Je ne peux pas croire qu’il m’ait oubliée. Il m’a juré qu’il reviendrait toujours. Rose-Aimée serra convulsivement le médaillon qu’elle portait au cou, avec son petit bateau porteur d’un espoir ténu.

Janvier 1853, Cap Horn.
- Il y a une éclaircie, capitaine, il faut y aller... Vous allez perdre beaucoup d’argent si on attend...
- Allez-y, décida le capitaine. Donnez vos instructions, monsieur Le Bosco.

Martial Belleroche se mit à bramer des ordres avec ce qu’il lui restait de voix après s’être longuement époumoné dans son sifflet. Il les fit foncer dans le coeur de la tempête. Le maelstrom les enveloppa, ils étaient aveuglés par la pluie et le brouillard, naviguaient à l’instinct dans les hurlements assourdissants d’un vent impitoyable. Un beau roman d’aventure et d’amour entre le Paris populaire de 1850 et la Californie de la ruée vers l’or.

 
 

NOS AUTRES GAMMES

Dans la collection Rose-Aimée :
L’histoire

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