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Titre : Scythe, La quintessence du 4X




Scythe, La quintessence du 4X




Une critique de Scythe, par Gus and Co. Review complète avec commentaires et images disponible juste la : Scythe, La quintessence du 4X

Pour 1 (!) à 5 joueurs, d’une durée de 115 minutes. Mouaif. Comptez plutôt 180.

XXXX

Scythe, c’est la quintessence du 4x. 4x pour, selon Wikipedia :

Exploration – Le joueur doit envoyer des éclaireurs dans les territoires non découverts environnants le lieu de départ du jeu. Expansion – Le joueur doit agrandir son territoire en établissant de nouvelles colonies ou en étendant son influence sur des colonies existantes. Exploitation – Le joueur doit récolter les ressources des zones qu’il contrôle et maximiser leur utilisation. Extermination – Le joueur doit attaquer et éliminer ses rivaux que ce soit militairement ou par un autre moyen.

Autrement dit, on se (dé)place sur le plateau, on extrait des ressources sur chaque terrain spécifique (un peu à la Colons de Catane), on se développe (améliorations, un peu à la Great Western Trail), et on met des tatanes dans les gencives de ses petits camarades. Triste fable de certaines politiques voraces et géopolitiques contemporaines…

Et comment on joue ?

Le tour d’un joueur dure trente-six secondes, voire moins. On commence par déplacer son pion « action » sur son plateau personnel. On ne peut pas le laisser sur la même action pour la refaire. Il y a quatre actions disponibles :

déplacement de ses unités sur le plateau : personnage, Mechs et ouvriers

soutien : avancer sur la piste de force militaire. Une ressource nécessaire pour les combats

commerce : acquérir des ressources à choix, n’importe lesquelles

produire des ressources sur les terrains occupés

Sachant que chaque action a un coût, souvent en pièces de monnaie, et qu’elle offre deux possibilités. La « principale », qu’on doit effectuer en premier, puis la seconde, souvent une construction : Mechs, bâtiments, amélioration de son plateau ou recrue (pour activer la mécanique de « voisinage » que nous présenterons plus tard). On peut activer l’une, l’autre, aucune ou les deux actions l’une après l’autre.

Et comment on gagne ?

Scythe reprend plusieurs mécaniques d’Euphoria, le précédent jeu du même auteur/éditeur. Le but est de placer ses six étoiles. En réalisant six objectifs sur dix : construire ses quatre Mechs. Atteindre le max en Popularité. Atteindre le max en force militaire, remporter des combats (max 2). Si dans Euphoria il fallait être le premier à placer ses dix étoiles pour remporter la partie, ce n’est pas vraiment le cas dans Scythe.

Dès qu’un joueur a placé ses six étoiles, la partie prend immédiatement fin. Sans pour autant la remporter. On fait alors le décompte des terrains occupés, des pièces de monnaie possédées, des étoiles placées et des paires de ressources produites encore présentes sur le plateau. Avec une tabelle de points indexée selon l’avancée sur la piste de popularité.

Levez le nez de votre plateau personnel pour prendre le temps de bien observer le plateau commun. Vous pourrez y découvrir des stratégies adverses expansionnistes. Et si vous voulez gagner, faites ça. Essayez de pécho le plus de régions, mais restez discrets.

XXXXL

Scythe, c’est aussi un jeu XXXXL. Bourré d’éléments astucieux, frais et originaux.

Pour son univers, d’abord. On joue en Europe dans une première guerre mondiale uchronique, mécanique, technologique, avec des Mechs, des gros robots impressionnants. Et les illustrations sont juste incroyables. On s’y croirait presque.

Pour son matériel, aussi. Somptueux. De magnifiques figurines en plastique différentes selon les factions : Mechs, personnage principal. Avec des bâtiments en bois plutôt sobres (moulin, monument, etc)

Pour ses règles, ensuite. Extrêmement didactiques. Elles sont épaisses, denses. Mais au final, comme un jeu FFG, elles sont simples, claires, instinctives et ergonomiques. Difficile à croire quand on découvre le jeu pour la première fois, mais elles s’expliquent en une poignée de minutes à peine. Comptez six minutes trente-deux. Montre en main.

Pour sa mécanique de « voisinage ». En effet, au fil du jeu on peut engager des « recrues ». Autrement dit, déplacer des pions sur son plateau personnel pour activer des bonus octroyés lorsque ses deux voisins directs effectuent certains actions spécifiques. IFTTT, If This Then That. Tu joues ceci, je gagne cela. Ce qui augmente l’interactivité du jeu.

Pour sa mécanique de combat, très très simple : une roue de dépense de force militaire et une carte militaire qu’on peut rajouter par Mech/personnage présent dans le combat. Le tout choisi secrètement. Et après révélation, la valeur supérieure remporte la rencontre. Voilà. Simplissime. Fluide. Tendu.

Interaction ?

Evidemment omniprésente. 4X, il faudra contrôler des territoires. Faire de la place. Repousser les autres. Leur piquer des ressources. Et puisque le premier joueur à avoir placé ses six étoiles met fin à la partie, s’installe à la table une mécanique de course effrénée. Et six étoiles, c’est peu, c’est court, c’est chaud. scythe-board-game-miniatures-1024x451 Les différents personnages des cinq factions disponibles. Très organiques et animaliers.

Bref.

Tout ça pour dire qu’on risque bien vite d’être dépassé et surpris quand un joueur utilisera l’un des Mechs pour apparaître d’un lac, ou disposer d’un bonus d’attaque qu’on n’aura pas vu venir.

Comment y remédier ? Faites une photocopie des pages 15-17 pour tous les joueurs, pages qui présentent les différents Mechs et leur pouvoir spécifique. Ainsi que la page 21 pour les pouvoirs des factions. Ceci permettra à tout un chacun de mieux suivre la partie. La toute relative offensive

Non, Scythe n’est pas un jeu de baston. C’est plutôt un jeu d’intimidation. On passe sa partie à gonfler ses biceps pour décourager les autres à vous chercher des noises (j’adore cette expression). On construit des Mechs, on avance dans la force militaire, on collectionne les cartes combat. Tout est fait pour dissuader ses voisins de table. D’autant que le combat est cher, très cher. Il faut dépenser de la force militaire, qu’il va falloir récupérer plus tard. Et si on attaque des ouvriers, ceux-ci vous font perdre de la popularité (parce que ce n’est pas très très gentil). Ce qui ne vous pousse pas vraiment à combattre.

Alors, Scythe, c’est bien ?

C’est simple, Scythe est l’un des meilleurs jeux de 2016. Pour autant qu’on apprécie les gros jeux de développement et de contrôle de territoires de plus de 2h aux règles riches et denses, tout en étant extrêmement fluides et instinctives. Un énorme kudos à l’éditeur de la VO de proposer une prise en main et une ergonomie extrêmement efficaces. Un modèle dans le genre.

Pour conclure, autant le matériel que les illustrations permettent une immersion conséquente. Et le thème, renforcé par les cartes rencontres, développe un aspect narratif intense. Un jeu puissant.

Pour la critique complète avec image et commentaires supplémentaires, c’est ici : Critique de jeu : Scythe. La quintessence du 4X

 

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