L’île de Pâques constitue le territoire le plus isolé de toute la planète, à plus de 3800 km des côtes du Chili, en plein océan pacifique. C’est une île minuscule, de seulement 165 km2, battue par les vents, aujourd’hui sans arbres ou presque, et pauvre en eau potable.

Elle fut pourtant colonisée par des groupes polynésiens vers le Ve siècle, qui sont parvenus à y établir une civilisation originale et raffinée, rendue célèbre par ses réalisations de pierre monumentales, avant de subir un brutal déclin au milieu du XVIIe siècle. Entre le Ve et le XVIIe siècle, la civilisation des Rapa Nui, les habitants de l’île de Pâques, a connu une période de prospérité et de paix durant laquelle ils ont édifié de mystérieux monuments funéraires : les Ahus (prononcer ahou), sortes de temples à ciel ouvert, sur lesquels ils ont dressés les célèbres Moaïs, statues monolithiques de tuff volcanique noir.

Dans la religion animiste des RapaNui, les Moaïs représentaient des ancêtres divinisés, qui veillaient sur les villages et garantissaient la prospérité du clan. Les statues étaient dressées par groupes, presque toujours au bord des côtes, leur regard bienveillant orienté vers la terre.

Les RapaNui ont ainsi érigé plus de 600 statues, pesant de 10 à 80 tonnes, sur plus de 270 ahus.
Durant 13 siècles, les différents clans de l’île ont réussi à vivre en équilibre et en harmonie dans un écosystème fragile. On estime qu’ à son apogée, la population de l’île a pu compter de 10 000 à 20 000 individus. Il devait exister une organisation sociale et religieuse rigide capable de garantir la gestion des ressources limitées de ce territoire. Lors de cette période, l’île était recouverte d’une abondante forêt, qui procurait du bois de construction pour les habitations, des bateaux pour la pêche, des outils, et qui protégeait également les cultures du vent et les sols de l’érosion.